• Sept à huit du 02 Fev. 2014


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  • Nous rouvrons, pour la première fois depuis deux ans, les portes de notre maison à Bois le Roi.

    Derrière nous, le monde. Ce monde dont nous avons pu sentir le rythme et la pulsation. Ce monde avec sa variété de couleurs, de parfums, de musiques, de plats, de paysages, de danses, de langues. Derrière nous le souvenir de ces rencontres, de ces visages, de ces sourires. 

    Devant nous le foyer.

    Nous hésitons à franchir le seuil de cette maison.

    Nous la connaissons bien cette vie. Elle fait notre quotidien depuis notre naissance. Et pourtant nous nous sentons encore des touristes. Des observateurs. Encore hésitants à nous approprier un lieu et une culture.

    Nous suivons Charlotte, la seule pour qui ce seuil est encore une aventure. Elle n’avait que deux ans quand nous sommes partis. Elle nous guide à la redécouverte de notre vie. Elle a gardé cette incroyable faculté de s’étonner devant cette profusion d’espace et de confort. « Maman, Marine, a pris un bain, je ne vais plus avoir d’eau pour moi ! » ou «Papa, il faut éteindre les lumières si on ne veut pas vider les batteries de la maison ! ».

    Les vieux reflexes reviennent vite et nous nous installons avec délectation dans ce mode de vie d’abondance, exceptionnel à l’échelle de la planète : pouvoir prendre un bain chaud, faire une lessive sans avoir à traverser la ville, pouvoir retirer un peu d’argent liquide sans que cela nous prenne la journée, retrouver les goûts et les saveurs de l’exceptionnelle cuisine française. Les fromages surtout.

    Puis cette tentation de vouloir témoigner, de raconter. Impossible. Il y a tant à dire et l’on ne sait jamais par où commencer. Nous avons décidé de ne pas envahir nos connaissances avec nos souvenirs et notre enthousiasme et prenons le parti de décider que tout a déjà été raconté sur Internet. Virginie et Laurent mettent en place un code pour se freiner quand la narration du voyage prend trop de place dans une discussion.

    Nous nous lançons la tête la première dans cette nouvelle aventure avec la ferme intention de nous réinsérer au plus vite et nous lançons sans tarder à la recherche de nouveaux projets qui nous porteront. Très vite le voyage se transforme en souvenir, une parenthèse dans notre vie que nous prenons soins de clore. Il devient vaporeux, comme un rêve au petit matin qu’on essaie en vain de retenir en mémoire. On le laisse surgir par surprise, à travers une photo dans un écran de veille ou un mot d’enfant en Espagnol, en Arabe ou une chanson en Swahéli. La famille s’unit dans cette complicité. Qui peut mieux comprendre ce que nous avons à raconter que ceux qui l’ont vécu avec nous ?

    Il nous a fallu du temps pour digérer toutes les sensations que nous avons accumulé au cours de ces deux années. Gênés d’être reconnus dans le village, surpris d’être présenté comme les « Chamacos ». Nous avions essayé de partager sur Internet notre histoire sans prendre conscience, dans notre isolement de voyageurs, que nous puissions être suivis. Nous avons ensuite découvert avec un plaisir immense le travail des enfants avec le centre de loisirs, ainsi que le spectacle de fin d’année de l’école. Ils avaient tous les deux pour thème «le Tour du Monde ». Des centaines de petites paires d’yeux ont voyagé avec nous et ont caressé notre monde de leur regard d’enfant.

    Cette aventure est devenue la leur, la votre. Plus que jamais nous avons envie de témoigner que la terre est belle est que l’aventure en famille est encore possible.

    Merci à vous.


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